CPCU / Énergies du Grand Paris : les points à vérifier avant 2027

2 septembre 2026

À compter du 1er janvier 2027, Énergies du Grand Paris succédera à la CPCU pour exploiter le réseau de chaleur parisien dans le cadre d’une concession de 25 ans.

Les abonnés doivent actuellement confirmer les coordonnées de la personne habilitée à signer leur nouvelle police d’abonnement. Cette première démarche administrative marque aussi le début d’une période de transition qui devra être préparée avec attention : toutes les puissances souscrites seront recalculées, une nouvelle grille tarifaire entrera en vigueur et certains abonnés pourront étudier la cession de leur poste de livraison à la concession.

Les quatre points à examiner avant 2027

  1. Répondre au courriel d’Énergies du Grand Paris et identifier le bon signataire.
  2. Vérifier la future puissance souscrite, notamment la part liée à l’ECS et aux pertes de bouclage.
  3. Comparer les nouveaux tarifs avec les factures actuelles et rechercher les possibilités d’optimisation.
  4. Étudier la situation du poste de livraison et, s’il appartient à l’abonné, l’intérêt et la possibilité de le céder à la concession.

1. Répondre au courriel d’Énergies du Grand Paris

Énergies du Grand Paris contacte les abonnés afin d’obtenir les coordonnées de la personne habilitée à signer la nouvelle police d’abonnement.

Action à réaliser

  • Recherchez l’expéditeur noreply@email.energiesdugrandparis.fr.
  • Vérifiez vos courriers indésirables.
  • Complétez le formulaire avant le 8 septembre 2026.

Si le destinataire n’est pas le bon ou si votre interlocuteur a changé, vous pouvez écrire à commerce@energiesdugrandparis.fr.

Cette mise à jour est indispensable pour recevoir la nouvelle police d’abonnement dans les prochaines semaines. Sa signature ne devra toutefois pas être considérée comme une simple formalité : les paramètres techniques, tarifaires et les limites de responsabilité devront être relus pour chaque site.

2. Examiner la future puissance souscrite

Toutes les puissances souscrites seront recalculées au démarrage de la concession. Chaque abonné est donc concerné, même si sa puissance n’a pas été modifiée récemment.

La puissance totale comprendra :

Chauffage

Les besoins du bâtiment, y compris les besoins de relance.

Eau chaude sanitaire

La production d’ECS et les pertes permanentes du bouclage.

Le calcul s’appuiera notamment sur les consommations connues, l’usage du bâtiment, son occupation et les besoins de relance. Après ce recalcul initial, la puissance sera révisée automatiquement tous les cinq ans sur la base des consommations des trois dernières années.

Y a-t-il une possibilité d’optimisation ?

Oui, dans certains cas. Une puissance historique surdimensionnée peut augmenter inutilement la part fixe de la facture. À l’inverse, une réduction insuffisamment justifiée peut ne pas couvrir correctement les besoins du bâtiment.

Pour l’ECS, la mise en place de compteurs d’énergie peut permettre de mesurer plus finement la puissance appelée. Ces données pourront être utilisées pour vérifier le calcul proposé et, si nécessaire, demander son réexamen.

3. Comparer la nouvelle grille tarifaire avec les factures actuelles

La future facture conservera deux composantes principales : le R1, part variable correspondant à la chaleur consommée, et le R2, part fixe dépendant principalement de la puissance souscrite.

La grille de référence présentée par Énergies du Grand Paris, aux conditions économiques de septembre 2025, prévoit :

Composante Tarif de référence Incidence principale
R1 hiver 80,46 € HT/MWh Consommations hivernales
R1 été 69,51 € HT/MWh Consommations estivales, notamment ECS
R2 85,04 € HT/kW Puissance souscrite

Valeurs indexées à septembre 2025. Le R2 présenté repose sur l’hypothèse de subvention Fonds Chaleur 2025 communiquée par le concessionnaire. Les valeurs applicables en 2027 seront indexées.

Ces montants ne permettent pas, à eux seuls, de conclure que la facture 2027 augmentera ou diminuera. L’évolution réelle dépendra de la consommation du site, de la puissance recalculée, de la saisonnalité et, le cas échéant, du terme R’2 lié au poste de livraison.

La comparaison à réaliser

Reconstituer les trois dernières années de facturation, puis simuler la future facture avec les consommations réelles, la nouvelle puissance proposée, les nouvelles formules R1 et R2, les éventuelles prestations transférées au concessionnaire et les adaptations du contrat d’exploitation. Cette analyse permettra notamment d’identifier une puissance surdimensionnée.

4. Faut-il céder son poste de livraison à Énergies du Grand Paris ?

Par défaut, les limites de propriété et de responsabilité existantes sont conservées :

  • si le poste de livraison appartient aujourd’hui à l’abonné, il reste dans son périmètre ;
  • s’il appartient à la concession et était géré par la CPCU, il continuera d’être géré par Énergies du Grand Paris.

Le règlement de service prévoit néanmoins qu’un abonné propriétaire de son poste puisse envisager de le céder à la concession. Énergies du Grand Paris en assurerait alors l’exploitation, la maintenance et le renouvellement, en contrepartie d’un terme tarifaire additionnel R’2. Son montant dépend notamment du type de poste, de la puissance souscrite et du nombre d’échangeurs.

Le concessionnaire indique que ce tarif serait en moyenne inférieur de 30 % aux prix d’exploitation-maintenance du marché. Cette indication générale ne suffit toutefois pas pour décider à l’échelle d’une copropriété.

Avant toute cession, six vérifications sont nécessaires

  • la propriété juridique du poste et de ses échangeurs ;
  • l’état, l’âge et la durée de vie prévisible des équipements ;
  • les éventuels travaux de remise en état préalables ;
  • le coût du R’2 comparé au coût actuel et au risque de renouvellement ;
  • le périmètre P2 et P3 du contrat d’exploitation et la possibilité de le modifier ;
  • les conditions de cession prévues par le règlement de service et la nouvelle police d’abonnement.

L’arbitrage doit donc comparer deux scénarios complets : conserver le poste, son entretien et le risque de renouvellement à la charge de l’abonné, ou le céder à la concession et acquitter le R’2. Il faudra également adapter le contrat d’exploitation pour éviter de payer deux fois la même prestation.

5. Un changement particulier pour les postes vapeur

Pour les postes vapeur, les installations de retour des condensats resteront la propriété de l’abonné lorsqu’elles lui appartiennent aujourd’hui. À partir du 1er janvier 2027, Énergies du Grand Paris prendra toutefois en charge leur conduite, leur surveillance, leur entretien courant, leur dépannage, leur gros entretien et leur renouvellement.

Si le système est défectueux et ne garantit plus un retour correct des condensats, une remise en état pourra néanmoins être demandée à l’abonné dans un délai d’un an.

6. Une transformation plus large du réseau

Énergies du Grand Paris est détenue par la Ville de Paris à 34 %, la Banque des Territoires à 15 % et le groupement Dalkia, Eiffage et RATP Solutions Ville à 51 %.

La concession prévoit une diminution progressive de la part du gaz, avec une accélération à partir de 2032. Le réseau devra atteindre 76 % d’énergies renouvelables et de récupération en 2034. Le nombre d’abonnés doit par ailleurs passer de 6 330 à 9 100 sur les 25 années de la concession, avec quinze nouvelles boucles d’eau chaude prévues d’ici 2051.

Comment Energie & Service peut vous accompagner

Dans le cadre de nos missions de suivi d’exploitation, nous examinerons ces évolutions avec nos clients concernés : nouvelle police d’abonnement, puissance souscrite, simulation tarifaire, limites de responsabilité et articulation avec le contrat d’exploitation.

Si certains sites de votre patrimoine ne sont pas actuellement suivis par Energie & Service, nos équipes peuvent également réaliser une analyse ciblée ou étendre cette vérification à l’ensemble de votre patrimoine raccordé au réseau.

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Questions fréquentes

Faut-il modifier immédiatement les installations ou les contrats ?

Non. Le changement de concessionnaire ne justifie pas, à lui seul, de modifier immédiatement les installations ou de résilier un contrat. La première étape consiste à répondre au courriel reçu, puis à examiner la nouvelle police d’abonnement, la puissance proposée, les tarifs et les limites de responsabilité. Les éventuelles adaptations devront être décidées à partir de cette analyse.

Quelles copropriétés doivent examiner leur puissance en priorité ?

Une vigilance particulière est recommandée pour les résidences ayant récemment réalisé une rénovation énergétique, celles dont la puissance paraît élevée au regard des consommations, celles qui prévoient des travaux sur leur sous-station ou celles qui souhaitent vérifier la cohérence de leur première facture 2027. Une isolation, un remplacement des menuiseries ou une amélioration de la régulation peuvent avoir réduit les besoins sans que la puissance historique ait été ajustée.

Les tarifs présentés sont-ils les tarifs définitifs de 2027 ?

Non. Les valeurs communiquées sont indexées aux conditions économiques de septembre 2025. Elles évolueront avant leur application. Il faut également tenir compte de la saisonnalité du R1 et ne pas comparer uniquement le prix du MWh : l’analyse doit porter sur le coût annuel complet, composé du R1, du R2 calculé avec la nouvelle puissance et, le cas échéant, du R’2 lié au poste de livraison.

Une copropriété proche du réseau peut-elle forcément se raccorder ?

Non. La proximité du réseau est un premier indicateur, mais elle ne garantit ni la faisabilité technique ni l’intérêt économique du raccordement. L’étude doit notamment considérer la longueur d’extension, la capacité du réseau, les besoins thermiques des bâtiments susceptibles d’être desservis, la puissance à raccorder et le coût complet de la solution. Pour les futurs raccordements, le nouveau poste de livraison et son comptage seront intégrés à la concession. Les demandes pourront être adressées à raccordement@energiesdugrandparis.fr.

Quelles solutions sont prévues pour financer un nouveau raccordement ?

La nouvelle concession prévoit deux mécanismes : la valorisation des Certificats d’économies d’énergie, qui peut être déduite des droits et frais de raccordement, et un lissage du solde sur dix ans au moyen d’un terme tarifaire R3. Ce financement intègre un coût : il devra donc être comparé avec un paiement direct et avec les autres solutions de financement disponibles.

Un abonné propriétaire de son poste doit-il le céder à la concession ?

Non. La cession constitue une possibilité, pas une obligation. Elle ne sera pertinente qu’après comparaison du R’2 avec le coût actuel d’exploitation, de maintenance et de renouvellement, en tenant compte de l’état des échangeurs et des clauses P2/P3 du contrat d’exploitation. Si le poste est cédé, ce contrat devra être adapté pour supprimer les prestations devenues inutiles ou redondantes.

Que permettra le futur espace abonné ?

Annoncé à partir de février 2027, il doit permettre de suivre les consommations et les factures, de consulter les documents contractuels, de localiser la sous-station et les travaux sur le réseau, ainsi que de suivre les demandes d’intervention et les notifications associées.

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